LA CITÉ
DE LA PLAINE
Pensée par Robert Auzelle sur le modèle d’une cité-jardin, ce projet répond à la nécessité de reconstruction après la Seconde Guerre Mondiale. L’architecte fera de la Cité de la Plaine, souvent qualifiée d’exemplaire, un modèle de réussite architecturale et sociale.

Situé dans un vaste trapèze de trente-quatre hectares entre l’hôpital Béclère et le Pavé Blanc, l’avenue du Général de Gaulle et la Porte de Trivaux, au cœur d’un ancien plateau céréalier, ce lieu est imaginé par un collège d’architectes composé de Raymond Gervaise, Eugène Baudoin, Edouard Dechaudat, André Mahé et dirigé par Robert Auzelle. La Cité de la Plaine est livrée par tranches entre 1954 et 1969. Le projet est rendu possible grâce à l’Office Public d’Habitation à Loyer Modéré (OPHLM).

La Cité s’insère dans un paysage de bosquets et d’arbres regroupés en square au pied des habitations. Avec leur façade en brique rouge sur une ossature de béton armé, les immeubles sont disposés en groupes de quarante à soixante logements. Ses mille neuf cent quatre-vingt-treize logements, des « habitations à bon marché », sont prévus pour accueillir six mille personnes.

Ce quartier résidentiel composé « d’habitations à bon marché » se veut dès l’origine un lieu de vie accessible pour les familles. Grâce à la diversité des bâtiments et la mixité des types d’habitats – maisons individuelles, isolées ou jumelées, logements pour jeunes ménages ou pour personnes âgées et petits immeubles collectifs de quatre étages – cette Cité favorise le brassage social. Entre les espaces verts qui permettent à la Cité de respirer, de nombreuses voies de circulation donnent la priorité aux piétons. Ecoles, aires de jeux, bibliothèque, centre commercial, ateliers d’artistes et installations sportives complètent l’ensemble. Selon les mots de son architecte, l’objectif du projet était « de répondre à la grande variété des familles, suivant leur composition, leur genre de vie et leur revenu. » En s’inspirant largement des constructions paysagères scandinaves, il a su se démarquer de la majorité des constructions similaires d’après-guerre.

Des travaux de modernisation ont depuis lors été entrepris au cœur de la Cité. Entre 1995 et 2003, des programmes de rénovation ont eu lieu pour que cette Cité s’adapte aux évolutions de la société et conserve ainsi son attractivité et son charme.

En dialogue avec la Cité de la Plaine, l’architecte Robert Auzelle avait également imaginé un cimetière paysager, qui reste son œuvre emblématique dans les domaines du social et de l’urbain, encore étudiée aujourd’hui par les jeunes architectes. Créé en 1957 en pleine nature, ce lieu offre un cadre propice à la promenade. L’immense pelouse bordée de rhododendrons, d’azalées et d’arbres invite au recueillement. Un parallélogramme du sculpteur Maurice Calka remplace le traditionnel monument aux morts. Volontairement dénué de signe religieux, il représente les signes du zodiaque dans les différentes civilisations. Depuis 1996, le cimetière est inscrit au titre des Monuments historiques.

La Cité de la Plaine en 1964 © Patrick Roux

Bâtiment de la Cité de la Plaine en 1964 © Patrick Roux

La Cité de la Plaine en construction © Ville de Clamart, Photo Bouchery

Sculpture de Maurice Calka, Cimetière du Parc © Ville de Clamart

Robert Auzelle (1913 – 1983)

Architecte-urbaniste brillant et exigeant, Robert Auzelle réalise à Clamart les Cités de La Plaine et de Trivaux ainsi que le cimetière intercommunal dans lequel il repose depuis 1983.

Robert Auzelle