Blanchisserie et lavoir derrière l'Église © Ville de Clamart
LES
BLANCHISSERIES
Perlé de pièces d’eau, le territoire de Clamart regorge d’or bleu. Un trésor qui a marqué et irrigué l’histoire de la Ville.

Lavoirs, bassins, étangs, sources, abreuvoirs, l’eau a toujours fait partie du paysage clamartois. L’ancien ru de Clamart, petit ruisseau aujourd’hui disparu, empruntait au siècle dernier le Grand Ravin du parc de Boigues pour se jeter dans la Seine au pont d’Issy. Aujourd’hui canalisé en égout pour des raisons de salubrité publique, il est encore possible de retrouver des traces visibles de sa présence dans certains recoins de la ville.

Si les nombreux points d’eau de Clamart ont fait belle place aux fêtes champêtres, Il ne faut néanmoins pas oublier leur rôle essentiel dans l’essor économique de la ville. Dès l’Ancien Régime l’activité de blanchisserie se développe sur la commune. Au début du XXe siècle, Clamart compte vingt-et-un établissements de blanchisseurs. À l’apogée de cette activité, près de trois cents personnes étaient employées dans les cinquante-huit blanchisseries qui s’étalaient le long des cours d’eau de la ville. La mécanisation diminua la pénibilité du travail, mais cela entraîna aussi une nette baisse dans les besoins en main d’œuvre. L’ancienne buanderie de l’hospice Ferrari est un exemple frappant de ces anciens lavoirs qui, dès le XIXe siècle, fleurissent le long des cours d’eau de la ville avant de progressivement disparaître au milieu du siècle suivant. Au début des années 1890, il ne restait plus qu’une seule blanchisserie au 48 avenue Jean Jaurès.

Au 2 rue du Trosy, il est encore possible de voir une plaque gravée, vestige de la fontaine Saint-Pierre, qui alimentait autrefois la ville en eau.

Blanchisserie et lavoir derrière l'Église © Ville de Clamart

Intérieur d'une blanchisserie © Ville de Clamart, photo Bouchery

Lavoir et cheminée de blanchisserie en arrière plan © Ville de Clamart

La Buanderie

Seul bâtiment industriel de ce type ayant subsisté dans la région, la Buanderie, inscrite au titre des Monuments historiques, est une blanchisserie de briques polychromes et de pierres construite en 1892 par l’architecte Prosper Bobin.

Fondée grâce aux dons de la Duchesse de Galliera, la Buanderie servait à l’origine à traiter le linge de l’Hospice Ferrari et de l’orphelinat Saint-Philippe de Meudon. Le bâtiment est composé de cinq niveaux. Quatre niveaux surmontent un sous-sol, chacun possédant une fonction précise. Au sous-sol se trouvait originellement la buanderie, avec son générateur de vapeur, ses deux machines à laver à tambours en cuivre et son séchoir à air chaud. Afin de faciliter le travail, un monte-charge à courroies desservait tous les niveaux. À l’entresol, on réceptionnait et triait le linge à blanchir. Au premier étage s’étalaient les salles de repassage. Aux deux derniers étages, le linge séchait à l’air naturel et les deux séchoirs occupaient une surface de quatre cents mètres carrés ! La Buanderie était capable de fournir une tonne de linge sec par jour. Encore en activité jusque dans les années 1950, elle est tombée en désuétude avec l’arrivée des machines modernes.

En 2003, le bâtiment est racheté par la Ville pour devenir en 2006 la médiathèque La Buanderie - Anne Capezzuoli. Pour conserver un lien avec l’identité du lieu, on a réemployé des ventelles, ces petites lamelles mobiles qui permettaient la circulation de l’air pour sécher le linge. Elle a permis à la Buanderie d’être la première médiathèque d’Île-de-France sans climatisation. Par ailleurs, de larges baies percées entre les colonnes soutenant l’édifice permettent de laisser passer la lumière du jour, en faisant un lieu idéal pour la lecture.

Vue sur la Buanderie en arrière plan © Ville de Clamart

Plan en coupe de la Buanderie © Ville de Clamart

La cheminée et le réemploi des ventelles © Ville de Clamart, Jérémie Brudieux